Visite en Chine, 30 et 31 mars 2011
Nicolas Sarkozy effectue une visite de travail en Chine, à l'occasion de laquelle il ouvre, aux côtés du vice premier ministre chinois, un séminaire du G20 sur la
réforme du système monétaire international, autrement dit de l'ensemble des mécanismes et des institutions qui visent à organiser et à réguler les
échanges monétaires internationaux, ainsi que l'organisation des régimes de change.
Cette réforme est l'une des grandes priorités de la présidence française du G20. En effet, la période récente a notamment été marquée par une forte volatilité des monnaies, le creusement des déséquilibres et la recherche d'un niveau toujours plus élevé de réserves de change par les pays émergents.
La Présidence française du G20 souhaite donc réformer le système monétaire international pour apporter des réponses collectives et accompagner les changements profonds
que connaît l'économie mondiale, avec notamment la montée en puissance des grands pays émergents.
Accords de Bretton Woods, régimes et réserves de change, rôle du FMI, propositions de la Présidence française du G20...
Pour tout apprendre sur le système monétaire international et les enjeux concrets de sa réforme, cliquez ici.
Compte-rendu de l'ouverture du séminaire par le Président Nicolas Sarkozy
Lire le discours de Nicolas Sarkozy
Nankin (Chine), 31 mars 2011
« Le système monétaire international doit progressivement
refléter les évolutions majeures de l'économie mondiale »
Nicolas Sarkozy rappelle l'enjeu collectif de la construction d'un SMI plus stable et plus résistant. C'est la raison pour laquelle il a souhaité inviter à ce séminaire,
en plus des 5 invités du G20 (Ethiopie, Espagne, Emirats Arabes Unis, Guinée Equatoriale, Singapour), la Suisse, la Thaïlande et les Pays-Bas. Le président Sarkozy salue
également la présence du directeur général du FMI, du Professeur Robert Mundell, prix Nobel de l'économie en 1999, et d'autres universitaires reconnus.
La coopération sans précédent orchestrée par le G20 pendant la crise ne doit pas cesser parce que la reprise a commencé. L'effort de coordination entre Etats doit se poursuivre pour assurer les fondements de la stabilité, en particulier dans le domaine monétaire.
« Si nous perdons l'élan que nous avons insufflé,
le monde retombera inexorablement dans l'instabilité et dans les crises »
Le système monétaire actuel, basé sur des taux de change flottants entre grandes zones monétaires, nous a permis d'absorber de nombreux chocs, pétroliers et financiers, et de
voir émerger de nouvelles monnaies de réserve comme l'Euro. Pour autant, il a également montré ses limites en laissant s'installer des déséquilibres.
- en 10 ans, multiplication par deux des déséquilibres de balance des paiements
- multiplication des mouvements internationaux de capitaux, toujours plus volatils. Depuis 1990, 42 crises d'arrêt brutal des flux de capitaux ont été recensées dans le monde.
- Les réserves de change des banques centrales ont doublé entre 2000 et 2009. Elles s'élèvent aujourd'hui à près de 6500Mds de Dollars.
Ce constat rend nécessaire une réforme du SMI, afin de prolonger la réforme institutions financières internationales déjà opérée dans le cadre du G20.
Les propositions de la Présidence française du G20 :
Système de changes :
Il doit être plus flexible, afin d'être en mesure de résister aux chocs, tout en étant encadré par des règles, permettant la coordination et la surveillance afin d'éviter les
crises récurrentes.
Déséquilibres :
Le G20 de Séoul a défini un cadre pour une croissance forte, soutenable et équilibrée, qui a pour objet la réduction des grands déséquilibres.
A Paris, au mois de février, la réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales du G20 a permis de trouver un
accord sur les indicateurs permettant de mesurer les déséquilibres. Nicolas Sarkozy souhaite désormais que les pays se mettent d'accord sur les méthodes de réduction des
déséquilibres. Le sommet de Cannes a vocation à parvenir à un accord sur une stratégie concertée qui respecte les souverainetés.
Mouvements de capitaux :
Convaincu des avantages de la libéralisation des capitaux pour l'économie mondiale, le président Sarkozy plaide pour l'instauration d'un « libéralisme coopératif et vigilant », se caractérisant par des cadres multilatéraux empêchant les mesures protectionnistes unilatérales qui déstabilisent l'ensemble de l'économie. Ces cadres pourraient prendre la forme d'un code de bonne conduite, de lignes directrices ou d'un cadre commun régissant la possibilité de mettre en œuvre des contrôles de capitaux.
Une fois ces cadres déterminés, il faudra donner au FMI les moyens d'en assurer l'application, par un élargissement de ses missions. En particulier, il devra
être en mesure de formuler aux Etats des recommandations sur leur balance des capitaux.
Liquidité :
Nicolas Sarkozy rappelle que la liquidité est indispensable pour assurer le bon fonctionnement de l'économie mondiale. Dans ce contexte, le G20 a déjà beaucoup agi tout au long de la crise, notamment en approuvant à Londres une allocation exceptionnelle de 250Mds de Dollars de DTS (la troisième de l'histoire du FMI), et en créant à Séoul de nouvelles facilités de liquidités tout en triplant la capacité d'intervention financière du FMI.
Aujourd'hui, l'enjeu est de trouver les moyens d'améliorer la mesure de la liquidité mondiale, de manière à pouvoir mieux la gérer.
Réserves :
Il faut agir pour limiter le besoin d'accumulation de réserves de précaution par les pays et le risque de pénurie d'actifs de réserve. Pour cela, nous devons accompagner l'internationalisation des grandes monnaies, tout en continuant d'assurer la stabilité de l'Euro et du Dollar. Le panier du DTS doit être élargi à de nouvelles monnaies, comme le Yuan.
La concertation entre les pays est indispensable pour assurer la stabilité du SMI et lutter contre la volatilité des changes et des capitaux. Il est aujourd'hui
indispensable de mettre en place des cadres permettant d'assurer la mise en œuvre des décisions collectives.
Le président Sarkozy attend beaucoup des débats animant le séminaire de Nankin sur la réforme du SMI, et est convaincu qu'ils contribueront aux succès du G20.
|




































































