Les financements innovants du développement ont été évoqués pour la première fois dans le cadre des Nations Unies, lors de la Conférence de Monterrey en 2002. En quelques années, le sujet s'est installé au cœur de l'agenda international. Il suscite un intérêt croissant de la part de nombreux Etats, de la société civile et de l'opinion publique.
L'intérêt pour les financements innovants du développement procède d'un double constat :
- l'aide au développement traditionnelle des Etats, malgré son importance (environ 120 milliards de dollars par an), ne permettra pas de faire reculer l'extrême pauvreté conformément aux objectifs du millénaire pour le développement ni de lutter efficacement contre le changement climatique,
- le marché et les flux privés sont d'abord attirés par les pays et les secteurs rentables, et ne peuvent donc pas répondre aux besoins des pays les plus vulnérables.
Le terme « financements innovants » désigne plusieurs types de mécanismes permettant de lever des ressources complémentaires en faveur du développement. Les plus connus sont la taxe sur les billets d'avion qui finance UNITAID ou la facilité de financement internationale pour la vaccination (IFFim), mais il en existe beaucoup d'autres : partenariats public-privé, mécanismes de garantie, contributions citoyennes.
Ces financements sont innovants à plusieurs égards :
- ils s'appuient sur des activités qui ont profité de la mondialisation : transports, commerce, finance,
- ils constituent une ressource stable, prévisible, pérenne et coordonnée entre les Etats, qui est donc précieuse pour financer des besoins de long terme : accès à l'école primaire, traitements contre le Sida,...
- ils correspondent à un mode de gouvernance original associant des Etats aux niveaux de développement divers et des acteurs privés : fondations, ONG, entreprises.
Les financements innovants correspondent par conséquent à une intervention moderne de la puissance publique, qui peut lever directement des fonds, mais aussi favoriser et canaliser des contributions volontaires privées.
Le potentiel des financements innovants du développement est considérable. En quatre ans, ils ont permis de lever près de 4 milliards de dollars supplémentaires pour le seul secteur de la santé.
Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, a porté au sommet du G20 de Toronto, le 27 juin 2010 et à la tribune des Nations Unies le 20 septembre 2010, l'idée d'une taxe sur les transactions financières. Celle-ci a été précisée par le Ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, et le Ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, Mme Christine Lagarde.
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