Pourquoi évoquer la sécurité alimentaire au G20 ?
Le monde compte aujourd'hui près d'un milliard de
personnes souffrant de la faim. Réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de la population mondiale qui souffre de la faim est un défi. C'est le premier des objectifs
du millénaire pour le développement (OMD).
Les évolutions démographiques estimées (neuf milliards d'habitants en 2050, d'après les Nations Unies) et le changement climatique font peser de lourdes incertitudes sur la capacité de la planète à nourrir le monde. Les prix agricoles restent très instables et la compétition pour l'accès aux ressources foncières agricoles n'a jamais été aussi vive.
Mais l'insécurité alimentaire n'est pas seulement un problème de production agricole, c'est aussi une question d'accès à la nourriture et de lutte contre la pauvreté. Garantir la sécurité alimentaire exige donc de mobiliser un vaste éventail de politiques publiques : agriculture, éducation, santé, énergie, commerce, recherche, etc.
La sécurité alimentaire comporte en effet quatre dimensions :
- disponibilité des produits alimentaires, grâce à une production agricole suffisante ;
- accès aux denrées alimentaires, avec des moyens de subsistance adéquats ;
- qualité de l'alimentation, notamment nutritionnelle et sanitaire ;
-
stabilité des approvisionnements pour prévenir les crises alimentaires.
La sécurité alimentaire est un enjeu global. Elle ne peut être garantie sans une coopération étroite de tous les acteurs concernés.
En juin 2008, pour répondre à la crise alimentaire, le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, a lancé l'idée d'un « Partenariat mondial pour l'agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition ». Ce Partenariat s'organise autour de trois objectifs :
- un objectif « Gouvernance », pour assurer la cohérence des politiques qui ont un impact sur la sécurité alimentaire ;
- un objectif « Connaissance », pour mobiliser l'expertise et la recherche au service de la sécurité alimentaire ;
- un objectif « Finances », pour inverser la tendance à la baisse des financements pour la sécurité alimentaire.
L'initiative du Président de la République a placé la sécurité alimentaire en haut de l'agenda international. D'autres pays se sont associés à cette initiative lors du Sommet du G8 de L'Aquila (juillet 2009), du Sommet du G20 de Pittsburgh (septembre 2009) ou du Sommet de Rome sur la sécurité alimentaire (novembre 2009). Le G8 et les signataires de l'initiative de L'Aquila pour la sécurité alimentaire (AFSI) se sont engagés à mobiliser plus de 20 milliards de dollars pour la sécurité alimentaire.
Le Partenariat mondial pour l'agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition reste une priorité stratégique pour la France. Il a permis la réforme du Comité de la sécurité alimentaire à Rome, qui relève des Nations Unies, ainsi que la création d'un groupe d'experts de haut niveau qui apporte l'expertise scientifique indispensable. Le Partenariat doit aussi permettre de veiller à l'équilibre des quatre dimensions de la sécurité alimentaire, tout en répondant aux nouveaux défis que sont la volatilité des prix, l'accès au foncier et le changement climatique.
Dans le cadre de la présidence du G20, la France entend donner la priorité à la question de la volatilité des prix des matières premières pour améliorer la sécurité alimentaire. Dans le domaine agricole, il importe de mieux réguler les marchés, d'améliorer la transparence, mais aussi de prévenir et gérer les effets de l'instabilité des prix (stocks, assurances). Il faudra également répondre aux nouveaux défis que sont le changement climatique et l'accès aux terres agricoles.
Volatilité des prix matières premières agricoles
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