Qu'est-ce que le Système Monétaire International (SMI)?
Le système monétaire international désigne l'ensemble des mécanismes et des institutions qui visent à organiser et à réguler les échanges monétaires internationaux, ainsi que l'organisation des régimes de change.
Le monde a connu plusieurs systèmes différents: compensation, étalon or, étalon de change or multipolaire, étalon de change or basé sur le dollar, changes flottants.
Le 24 octobre 1929, le krach boursier de Wall Street plongea l'économie américaine, et bientôt l'économie mondiale, dans la tourmente. Retour en images sur le contexte économique qui précéda cette crise et ses conséquences dramatiques. Commentaire sur images d'archives de la crise de 1929.
La crise de 1929 et les guerres monétaires qui ont suivi ont rendu nécessaire une coopération internationale plus affirmée qui s'est traduite, au lendemain de la seconde guerre mondiale, par les accords de Bretton Woods et l'instauration d'un système de changes fixes mais ajustables régulé par le Fonds monétaire international (FMI). L'abandon de la convertibilité en or du dollar en 1971 a ouvert la voie à un système moins régulé où cohabitent des changes flottants et des changes fixes, mais ajustables.
La crise financière et monétaire actuelle repose la question de l'organisation du système monétaire international.
Reportage consacré aux accords de Bretton Woods. Le 22 juillet 1944 à Bretton Woods aux États-Unis, quarante quatre nations signèrent des accords afin de mettre en place un nouveau système monétaire international, basé non plus sur l'étalon or mais sur le dollar. Ces accords ont vu la création de deux institutions financières mondiales : le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
Pourquoi envisager de réformer le SMI?
La période récente a montré plusieurs dysfonctionnements du SMI qui peuvent contribuer à la fragilité de l'économie mondiale:
- Des moyens de protection insuffisants contre les crises de liquidité internationales. Le SMI actuel ne permet pas de prévenir efficacement les fuites massives de capitaux dont ont été victimes les pays émergents à de très nombreuses reprises depuis les années 1990, raison pour laquelle ces pays accumulent des réserves de change. Mais ces stratégies d'accumulation de réserves, qui reposent essentiellement sur la constitution d'excédents commerciaux, alimentent en retour les déséquilibres mondiaux, les excédents commerciaux des uns étant compensés par les déficits des autres;
- Un système monétaire dont le dollar est la principale devise. Le dollar représente la majeure partie des réserves de change, alors que d'autres pôles monétaires existent aujourd'hui. Cette absence de diversification des réserves rend l'économie mondiale vulnérable aux chocs affectant le dollar;
- Une coordination limitée en matière de change. Les questions de régime et de volatilité des changes représentent des enjeux essentiels pour la stabilité et la croissance mondiales. Or il n'existe pas aujourd'hui d'enceinte internationale appropriée pour évoquer ces questions.
Quelles perspectives pour 2011?
Le G20 s'est engagé en 2010 à travailler à l'édification d'un SMI plus stable et plus résilient.
La présidence française proposera à ses partenaires de travailler sur les pistes d'action suivantes :
- Renforcer la coopération des politiques macro-économiques, à travers le Cadre pour une croissance forte, équilibrée et durable qui est l'outil de surveillance mutuelle des politiques macroéconomiques du G20. En 2011, les pays du G20 devront trouver un étalon commun de mesure des déséquilibres mondiaux, appelé « lignes directrices », afin d'identifier avec plus de précision les déséquilibres insoutenables. Chaque pays s'engagera avant la fin de l'année à adapter ses politiques économiques pour rééquilibrer la croissance mondiale et la rendre plus forte et plus solide.
- Réduire le besoin d'accumulation de réserves pour résister aux crises. Il s'agit de renforcer les outils à la disposition du FMI pouvant être actionnés au profit des pays vulnérables à une crise de liquidité. Il conviendra aussi de renforcer la cohérence et la complémentarité entre les dispositifs régionaux et internationaux de gestion des crises de liquidité.
- Favoriser des flux de capitaux stables pour financer la croissance et le développement : la présidence française du G20 proposera de donner au FMI un véritable pouvoir de surveillance dans ce domaine, que ne lui donnent pas ses statuts actuels. Cela pourra prendre la forme de règles multilatérales favorisant la liberté des mouvements de capitaux mais permettant l'intervention des États dans les phénomènes d'entrées-sorties massives de capitaux.
- Accompagner l'internationalisation des monnaies émergentes, reflet des nouveaux équilibres économiques mondiaux et du poids accru des grands pays émergents. Cela passe par un accompagnement de l'internationalisation des monnaies des grands pays émergents. Plusieurs pistes seront explorées : évolution des régimes de change, gestion plus coopérative des réserves. La présidence française engagera également une réflexion sur le rôle des droits de tirage spéciaux (DTS), instrument de réserve créé par le FMI, et sur le calendrier et les modalités d'évolution du panier de devises qui composent le DTS.
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